Communistes de l'IUT Orsay

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Interview de Gilles Laschon, secrétaire de la section PCF du centre universitaire d'Orsay

Peux-tu nous rappeler ce qu’est une COMUE ? Et celle de Paris-Saclay ?

 

La loi Fioraso de 2013 oblige les établissements d’enseignement supérieur et de recherche à se regrouper en COMUE (Communauté Universitaire d’Etablissements). Notre COMUE s’appelle Université Paris- Saclay. Elle est composée entre autres de deux universités : l’université Paris-Sud et l’Université de Versailles Saint Quentin-en- Yvelines. L’université d’Evry est actuellement membre associé et devrait, à l’avenir, intégrer totalement la Comue. Au-delà des universités, la COMUE Paris-Saclay regroupe des organismes de recherche (CNRS, INRIA, INSERM, INRA …), des écoles d’ingénieurs (Polytechnique, Centrale-Supelec, ENS Cachan, Télécom Paris, ENSAE …) et une école de commerce (HEC).

 

Qu’est-ce que l’IDEX ?

 

En 2012, avant la loi Fioraso qui crée les COMUE-, les établissements ont répondu ensemble à un appel à projet gouvernemental intitulé «  Initiatives d’Avenir ». Universités, Écoles et organismes de Recherche déjà ou dans un futur proche présents sur le plateau de Saclay se sont regroupés pour proposer une Initiative d'excellence (IDEX). Dans cette dynamique commune, se traduisant essentiellement par le financement de projets phares en recherche, les établissements s’engagent à s’associer dans une structure Paris-Saclay encore mal définie. La loi Fioraso concrétise la création de la structure « Université Paris-Saclay » sous forme de COMUE.

Les crédits de l’IDEX ne seront obtenus que si et seulement si la feuille de route annoncée est bien suivie. Malgré la création de la COMUE, le jury international de l’IDEX considère que le rapprochement des établissements n’est pas suffisant et donne un an et demi pour avancer de façon significative vers un modèle plus intégratif.

 

Des regroupements à marche forcée, sous forme d’abord fédérative, puis de plus en plus intégrative, quelle logique derrière ces choix ?

 

On est dans une logique de pôle de compétitivité, où on veut valoriser tout ce qui peut briller, se focaliser sur l'existant déjà reconnu, à l’inverse de jouer le créatif. On veut faire venir des étudiants étrangers qui payent pour que ça rapporte mais aussi avec l’idée que l’ « excellence » et le payant vont de pair. On s’oriente vers un mercato des meilleurs étudiants et chercheurs. Or la construction de l’avenir d’un pays, de sa jeunesse et de sa recherche est à l’opposé de celle du succès d’une équipe haut de gamme de footballeurs (dont le modèle est d'ailleurs fort contestable).

 

Cet avenir est bien noir. Que proposes-tu dans l’immédiat pour résister ?

 

Il faut refuser les restructurations à marche forcée. Cela ne veut pas dire maintien du statu quo  mais favoriser les coopérations librement choisies, donc mutuellement avantageuses. Les restructurations incessantes comme les rivalités entre les établissements nous empêchent de travailler.

Il faut revenir aux principes d’un véritable service public.

Le Glissement Vieillesse Technicité mis à la charge des universités qui gèrent leur masse salariale fait perdre à la nôtre deux millions d’euros par an et induit une politique de gels de postes enseignants-chercheurs de façon durable et chaque année plus dramatique. Sans l’oxygène des moyens et l’ambition de couvrir les besoins de formation et de recherche, le corps universitaire va être asphyxié. Il est temps qu’il se fasse entendre plus fort.

 

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