Communistes de l'IUT Orsay

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Interview de Nicolas Ferey, militant syndical de l'IUT d'Orsay

La politique de regroupement des établissements est une constante des gouvernements successifs. Quels sont les objectifs poursuivis ?

 

L’objectif  est de créer des universités de taille plus importante, avec en ligne de mire comme modèle les universités américaines et anglo-saxonnes et de bons classements en terme de recherche et de formation.

 

Y a-t-il plusieurs modes de regroupement ?

 

La loi prévoyait plusieurs modalités de regroupement : sous forme d’intégration dans laquelle les établissements doivent à terme disparaître dans la nouvelle structure, sous forme de fédération où chaque établissement du regroupement conserve sa propre autonomie dans un ensemble  plus grand et structurant, ou par des associations d’établissements dans lesquelles les partenariats sont basés sur des coopérations libres et choisies entre les établissements.

Il est apparu finalement que la volonté réelle de l’Etat, partout sur le territoire national, fut de soutenir uniquement les regroupements appliquant le modèle de l’intégration, en dépit du bon sens dans la plupart des situations. Ce modèle a été imposé à marche forcée et d’une main de fer grâce aux grands projets structurants (IDEX, LABEX) financés par le Plan d’Investissement d’ Avenir, récompensant l’application zélée d’un modèle intégratif.

 

Sur Paris-Saclay, quels ont été les premières conséquences du regroupement ?

 

Des pans entiers de formation comme les masters et les doctorats ont été restructurés. L’offre a été diminuée en termes de diversité et de qualité, avec la baisse forte du nombre d’heures d’enseignement  prévues dans les nouvelles maquettes de masters. Le contenu des enseignements mais aussi la situation des personnels ont été affectés.

 

Je crois que tu es particulièrement sensible à la situation des doctorants. Peux-tu l’évoquer ?

 

L’austérité imposée à l’université l’a poussée à prendre de très mauvaises décisions dont la suppression de postes d’ATER (Attaché d’Enseignement et de Recherche). Ces postes permettaient aux doctorants, ouvriers de la recherche, chercheurs et enseignants en formation, de terminer leur thèse dans de bonnes conditions. J’estime que les jeunes chercheurs méritent mieux que ça.

 

L’austérité à l’université touche-t-elle d’autres catégories ?

 

Oui, toutes les catégories de personnels sont touchées par la politique de gel des postes qui empêche le remplacement des collègues partis à la retraite. Parallèlement, il y a multiplication du recours aux contrats précaires et aux heures complémentaires pour les titulaires.

 

Quel diagnostic portes – tu sur l’état de l’université ?

 

 Le système universitaire est mis à genoux dans un contexte où le modèle d’intégration des établissements aboutit à une usine à gaz où la représentation des personnels est très affaiblie dans les organes de décision. On peut considérer que la jeunesse, le service public, l’efficacité même de la gestion de la recherche et de la formation sont mis à mal au seul profit de la recherche d’économies et de l’exacerbation des concurrences.

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